K-beauty : 11,1 milliards de dollars d'exportations en neuf mois, un record
Entre janvier et septembre 2026, la Corée du Sud a exporté presque autant de cosmétiques que sur toute l'année 2025. Le soin du visage tire la croissance, l'Europe et les États-Unis prennent le relais de la Chine.

Les cosmétiques coréens n’ont jamais autant voyagé. Selon les chiffres publiés le 2 octobre par le ministère sud-coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments (MFDS), les exportations de produits de beauté ont atteint 11,1 milliards de dollars entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 31,1 % sur un an. C’est le meilleur cumul sur neuf mois jamais enregistré, et il représente déjà environ 97 % du total de l’année 2025 entière (11,42 milliards de dollars), comme le rapporte le Seoul Economic Daily.
Le seul troisième trimestre a pesé 4,17 milliards de dollars, en progression de 7,5 % par rapport au trimestre précédent. La trajectoire est nette quand on aligne les cumuls à fin septembre des années précédentes : 6 milliards en 2022, 6,2 milliards en 2023, 7,4 milliards en 2024, 8,5 milliards en 2025, puis 11,1 milliards cette année.
Les États-Unis et l’Europe prennent le relais
Le changement le plus marquant tient à la géographie des ventes. Les États-Unis, devenus la première destination des cosmétiques coréens dès l’an dernier, ont absorbé 2,35 milliards de dollars sur neuf mois (+40,6 %), soit 21,1 % du total.
La Chine reste deuxième, à 1,58 milliard de dollars, mais sa progression est quasi nulle (+0,4 %). Signe que la K-beauty a su diversifier ses débouchés, la Chine représentait 46,7 % des exportations coréennes de cosmétiques en 2022, contre 14,2 % aujourd’hui. Le Japon, de son côté, progresse plus modestement (889 millions de dollars, +8,6 %).
Les plus fortes hausses viennent d’Europe et d’Amérique du Nord. Le Royaume-Uni a reçu 443 millions de dollars de produits coréens (+179,3 %), les Pays-Bas 369 millions (+292,6 %) et le Canada 285 millions (+124,4 %). Les données publiées s’arrêtent au pays de destination déclaré : elles ne permettent pas de savoir quelle part de ces volumes européens est ensuite revendue ailleurs dans l’Union, en France notamment.
Le soin, fer de lance de la K-beauty
Deuxième enseignement : la K-beauty qui s’exporte est avant tout une beauté du soin. Les produits de soin de la peau représentent 8,72 milliards de dollars sur neuf mois, en hausse de 45,1 %. Les envois de soins vers les seuls États-Unis sont passés de 1,21 à 1,8 milliard de dollars (+48,8 %). Les produits nettoyants pour le corps progressent aussi (560 millions de dollars, +30,1 %).
Le maquillage, lui, marque une pause : 1,11 milliard de dollars, soit 3,6 % de moins qu’un an plus tôt. Les données douanières détaillées par le média spécialisé Beauty Economy confirment cet écart au troisième trimestre. Les exportations de soins y atteignent 1,65 milliard de dollars (+35 %), tandis que celles de maquillage plafonnent à 232 millions (+2 %).
Les deux catégories ne visent d’ailleurs pas les mêmes marchés. En septembre, les États-Unis étaient le premier client pour le soin (119,2 millions de dollars), devant la Chine (98,7 millions). Pour le maquillage, la Chine arrive en tête (31,2 millions), suivie du Japon (16,3 millions), les États-Unis ne venant qu’en troisième position (9,3 millions). La France apparaît dans le classement maquillage de septembre avec 2,8 millions de dollars d’achats.
Des marges de progression
Ces records laissent encore de la place pour grandir. En septembre, les dix premiers pays clients concentraient environ 69 % des exportations de soins et 83 % de celles de maquillage : de nombreux marchés restent à conquérir. Le maquillage coréen, lui, a encore son potentiel devant lui hors d’Asie, où Beauty Economy relève des préférences locales plus marquées.
Côté pouvoirs publics, le MFDS indique vouloir renforcer la coopération entre autorités réglementaires et poursuivre son accompagnement des exportateurs, notamment avec des informations réglementaires par pays et un appui à la certification halal.
Concrètement
Pour le consommateur français, la tendance se traduit concrètement par une offre coréenne plus large et plus visible, portée par le soin du visage : nettoyants doux, lotions toniques, sérums, crèmes et protections solaires. L’envolée des flux vers l’Europe suggère que l’accès à ces produits devrait continuer de s’élargir. Pour en tirer le meilleur, le principe reste celui de la K-beauty elle-même : partir de son type de peau et choisir chaque produit selon ses ingrédients.
À retenir
- 11,1 milliards de dollars exportés en neuf mois (+31,1 %), presque l’équivalent de toute l’année 2025.
- Les États-Unis pèsent 21,1 % des envois ; la part de la Chine est tombée à 14,2 %.
- Le soin progresse de 45,1 % quand le maquillage recule de 3,6 %.
Sources
- K-Beauty Exports Hit $11.1 Billion in Nine Months, Near Full-Year 2025 Total, Seoul Economic Daily
- K-Beauty Skincare Exports Surge 35% in Q3, Led by Strong Demand in the U.S. and China, Beauty Economy (뷰티경제)
- K-Beauty Makeup Exports Maintain Steady Growth as Asia Remains Core Market, Beauty Economy (뷰티경제)



