Euromonitor : en 2026, l'humeur et la sensorialité pèsent dans les achats beauté
La dernière enquête consommateurs d'Euromonitor International montre que 41 % des acheteurs de parfum cherchent des notes qui agissent sur l'humeur, et que l'ingrédient premium compte plus que la marque premium.

Ce que les consommateurs attendent d’un produit de beauté ne se résume plus à sa performance mesurable. C’est l’un des enseignements de « Voice of the Consumer : Beauty Survey 2026 », l’étude publiée en octobre 2026 par le cabinet Euromonitor International à partir de son enquête annuelle auprès des consommateurs. Le rapport complet est payant, mais la présentation publique en livre les principaux chiffres et l’architecture : cinq tendances, dont deux titres résument l’esprit, « Appetite for Sensory Indulgence » (l’appétit pour le plaisir sensoriel) et « Mood over Molecule » (l’humeur avant la molécule).
Le parfum, outil d’humeur
Le chiffre le plus parlant concerne le parfum. Selon Euromonitor, 41 % des acheteurs de parfum recherchent des notes capables d’améliorer leur humeur, une proportion qui monte à 46 % chez les milléniaux (les personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990). Le parfum n’est plus seulement une signature olfactive ou un accessoire social : il est aussi acheté pour l’effet qu’il procure à celui qui le porte.
Le cabinet cite plusieurs exemples d’entreprises qui suivent ce mouvement, dont Elizabeth Arden, avec un produit phare construit autour d’un bénéfice d’humeur, et Sol de Janeiro, avec un format de parfum de poche. D’autres signaux vont dans le même sens : dans son rapport beauté publié le 6 octobre, Pinterest relevait une hausse de 333 % des recherches de « parfum solide » et de 147 % pour les parfums gourmands.
La peau sensible, moteur de croissance
Deuxième axe, que le rapport baptise « Gentle Cell Care » (le soin doux des cellules) : la sensibilité cutanée. Un quart des répondants déclarent avoir des préoccupations liées à une peau sensible, et 19 % citent la sécurité pour les peaux sensibles ou réactives comme le principal critère attendu d’un dermocosmétique, c’est-à-dire un soin à la frontière entre cosmétique et dermatologie, souvent vendu en pharmacie. Euromonitor cite la marque A-CICA365 comme exemple d’entreprise qui fait de la peau sensible un levier de croissance, et La Roche-Posay pour le succès de ses lancements chez le distributeur américain Walmart.
Pour les marques, l’enjeu est la tolérance : protéger la barrière cutanée, cette couche superficielle de la peau qui limite les pertes d’eau et protège des agressions extérieures.
L’ingrédient plutôt que l’étiquette
Le rapport mesure aussi l’arbitrage entre marque et formule. Interrogés sur ce qui justifie un produit premium, les consommateurs choisissent les ingrédients haut de gamme plutôt que la marque haut de gamme, à 43 % contre 18 %. L’écart est net : il suggère que la composition pèse davantage que le prestige d’un nom dans la perception de la valeur.
Dans les soins capillaires, le prix reste pourtant un critère majeur : 29 % des consommateurs le placent devant l’efficacité prouvée. Euromonitor mentionne e.l.f., qui propose un « luxe abordable » dans le soin des cheveux, et K18, dont les peptides passent de la réparation du cheveu abîmé à une logique de longévité.
Le maquillage, l’expérience et l’IA
En maquillage, l’achat se joue aussi sur l’expérience. Euromonitor relève que 12 % des acheteurs citent l’attrait du format (la texture, l’applicateur, le contenant) et 7 % les éditions limitées, deux critères portés par la génération Z mais présents dans toutes les tranches d’âge. Sephora est cité pour un gloss repulpant au Tabasco, exemple de produit pensé pour surprendre.
Dernier axe, « Prompt to Purchase » (de la requête à l’achat) : l’intelligence artificielle générative commence à peser sur les décisions. Elle influence 8 % des acheteurs de maquillage, et 15 % des « Beauty Innovators », le profil de consommateurs le plus tourné vers la nouveauté dans la typologie du cabinet. Sephora, avec un assistant beauté intégré à ChatGPT, et L’Oréal, avec son outil Beauty Genius, figurent parmi les exemples.
Les limites de l’étude
La page publique ne précise ni les pays couverts, ni la taille de l’échantillon, ni les dates de terrain. Ces informations figurent dans le rapport payant. Les pourcentages doivent donc être lus comme des ordres de grandeur, sans qu’on puisse dire s’ils reflètent fidèlement le consommateur français.
Concrètement
Ces résultats valident une façon d’acheter plus réfléchie : regarder la formule avant le logo, privilégier la tolérance quand on a la peau sensible, et accepter que le plaisir d’usage (une odeur, une texture) fasse partie de la valeur d’un produit. Ils invitent aussi à la prudence face aux recommandations générées par l’IA, qui restent des suggestions et ne remplacent ni la lecture de l’étiquette ni l’avis d’un dermatologue en cas de réaction.
À retenir
- 41 % des acheteurs de parfum cherchent des notes qui améliorent l’humeur (46 % chez les milléniaux).
- Un quart des répondants se disent concernés par la peau sensible.
- L’ingrédient premium l’emporte sur la marque premium, à 43 % contre 18 %.
Sources
- Voice of the Consumer: Beauty Survey 2026 Key Insights, Euromonitor International
- 5 tendances beautés repérées par Pinterest en 2026, Les Gens d'Internet



