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Défrisants : après l'Arizona, le Minnesota poursuit L'Oréal en justice

Le procureur général du Minnesota accuse L'Oréal d'avoir caché les risques de cancer associés à ses défrisants chimiques. C'est le deuxième État américain à engager une telle action en six semaines ; le groupe a contesté la première plainte.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Gros plan sur un enchevêtrement de fibres fines et ondulées, couleur crème
Gros plan sur un enchevêtrement de fibres fines et ondulées, couleur crème

Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a engagé le 23 octobre 2026 une action en justice contre L’Oréal et plusieurs de ses filiales. L’État accuse le groupe d’avoir commercialisé ses défrisants chimiques auprès des femmes et des jeunes filles noires sans les informer de risques de cancer mis en évidence par des études scientifiques. Trois marques sont visées : Dark and Lovely, Optimum et Mizani.

Un défrisant chimique est un produit capillaire qui modifie durablement la structure du cheveu pour le lisser.

« Il est scandaleux que L’Oréal ait commercialisé ces produits auprès des femmes et des filles noires comme étant sûrs », a déclaré Keith Ellison, selon la chaîne FOX 9.

Ce que reproche l’État du Minnesota

La plainte s’appuie sur trois lois de protection des consommateurs de l’État, qui portent sur la fraude à la consommation, les pratiques commerciales trompeuses et la publicité mensongère. Elle cite quatre études selon lesquelles les femmes utilisant des défrisants chimiques trois fois par an ou plus présentent un risque accru de cancer de l’utérus et de l’ovaire. D’après FOX 9, l’une de ces études relève aussi un risque plus élevé de cancers de la thyroïde et du pancréas, ainsi que de lymphome non hodgkinien, chez les utilisatrices.

L’État demande des sanctions civiles, la restitution des sommes payées par les consommateurs et une injonction interdisant la poursuite des ventes sans avertissement adéquat sur les risques pour la santé.

Il s’agit à ce stade d’allégations. Aucune juridiction ne les a examinées sur le fond, et le lien de causalité entre ces produits et les cancers cités reste au cœur du débat judiciaire. La plainte relève par ailleurs que les sociétés visées affirment publiquement respecter les « plus hautes normes de sécurité », une communication que l’État juge trompeuse au regard des études qu’il cite.

Une offensive qui s’étend

Le Minnesota n’est pas le premier État à agir. Le 10 septembre 2026, le bureau du procureur général de l’Arizona avait déposé une plainte comparable pour fraude à la consommation contre SoftSheen-Carson et sa maison mère L’Oréal, visant les mêmes marques. L’Oréal avait alors répondu que ces accusations n’avaient « aucun fondement juridique ni scientifique ». Les médias consultés ne rapportent pas de réaction du groupe à la plainte du Minnesota.

Ces actions d’États s’ajoutent à un contentieux bien plus large. Selon le site spécialisé Drugwatch, plus de 12 300 plaintes individuelles liées aux défrisants sont en cours devant les tribunaux fédéraux américains, regroupées dans une procédure dite « multidistricts », qui centralise les affaires similaires devant un même juge. Le premier procès test y est attendu en septembre 2027.

Pourquoi l’affaire dépasse les États-Unis

Pour L’Oréal, l’enjeu est d’abord juridique et réputationnel. La multiplication des plaintes d’États change la nature du dossier : il ne s’agit plus seulement de particuliers demandant réparation, mais d’autorités publiques qui contestent la manière dont les produits ont été présentés aux consommatrices.

Le dossier pose aussi une question plus large à toute l’industrie : celle de l’information due au consommateur lorsque des études épidémiologiques, c’est-à-dire des études observant la santé de grandes populations, signalent une association entre un produit et une maladie, sans que la causalité soit établie.

Pour les consommatrices, la prudence reste de mise sans céder à l’alarmisme. Les personnes qui utilisent régulièrement des défrisants et s’interrogent sur leur santé peuvent en parler à leur médecin ou à leur gynécologue, qui pourra évaluer leur situation individuelle.

À retenir

  • Le Minnesota poursuit L’Oréal depuis le 23 octobre 2026 pour défaut d’information sur les risques de ses défrisants.
  • L’Arizona avait engagé une action comparable le 10 septembre ; L’Oréal conteste.
  • Plus de 12 300 plaintes individuelles sont en cours devant la justice fédérale américaine.
  • L'Oréal
  • défrisants
  • États-Unis
  • justice
  • sécurité des cosmétiques

Sources

  1. Minnesota AG sues L'Oréal over hair relaxer cancer risks, FOX 9
  2. L'Oréal faces new lawsuit from Minnesota, Drugwatch
  3. L'Oréal faces lawsuit in the US over hair relaxer cancer risk links, Cosmetics Business
  4. L'Oréal Faces Minnesota Lawsuit Over Alleged Cancer Risks Linked to Chemical Hair Relaxers, Global Cosmetics News

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