Soin & peau

Peau sensible : près d'un Européen sur deux la juge plus réactive qu'il y a cinq ans

Une enquête menée auprès de 6 000 adultes dans cinq pays, dont la France, et présentée au congrès de l'EADV, décrit une inquiétude croissante face au climat et à la pollution. Mais seuls 22 % utilisent des soins pensés pour la barrière cutanée.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Une femme observe sa joue dans le miroir d'une salle de bain, la main posée sur le visage
Une femme observe sa joue dans le miroir d'une salle de bain, la main posée sur le visage

La sensation de peau qui tiraille, chauffe ou rougit pour un rien semble gagner du terrain. Selon une enquête commandée par la marque de soins CeraVe et dévoilée le 2 octobre 2026 au congrès de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV), à Vienne, 47 % des 6 000 adultes interrogés au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne estiment que leur peau est plus sensible qu’il y a cinq ans. Le magazine américain NewBeauty en a détaillé les résultats.

L’environnement au cœur des inquiétudes

L’enquête portait sur la compréhension de la barrière cutanée, c’est-à-dire la couche la plus superficielle de l’épiderme, qui limite la perte en eau et freine la pénétration des agents irritants, et sur la manière dont les Européens perçoivent les agressions du quotidien.

Les réponses dessinent une population attentive à son environnement. Neuf personnes sur dix (90 %) se disent préoccupées par au moins un facteur extérieur susceptible d’affecter leur peau. La moitié (50 %) rapportent une sécheresse qu’elles associent à leur cadre de vie ou aux changements de météo. Et 81 % jugent important de se protéger au-delà des seuls ultraviolets, une formule qui englobe la pollution, le froid ou le vent.

Un fossé entre la préoccupation et les gestes

C’est le principal enseignement de l’étude : cette inquiétude se traduit peu dans les salles de bain. Seuls 22 % des répondants déclarent utiliser des produits formulés pour soutenir la barrière cutanée. Lors des pics de pollution, à peine 10 % ajoutent une étape à leur routine.

L’explication tient peut-être dans un autre chiffre : 55 % des personnes interrogées affirment qu’une routine doit rester simple, faute de quoi elles ne la suivront pas. Le dermatologue Andrew Park, cité par NewBeauty, insiste sur ce point : « Si la sensibilisation compte, des conseils clairs et dignes de confiance sont le facteur le plus important. »

Le sujet de la peau sensible a d’ailleurs occupé une place notable dans le programme scientifique du congrès. Le groupe Galderma, par exemple, y présentait plusieurs résumés sur le sujet, dont une analyse fondée sur l’intelligence artificielle identifiant le stress, un emploi du temps surchargé et le jeune âge comme facteurs associés à un risque plus élevé de peau sensible. Ces travaux, présentés sous forme de résumés, n’ont pas encore fait l’objet de publications complètes.

Une enquête à lire avec précaution

Ces chiffres mesurent un ressenti, pas un état clinique. Les participants n’ont pas été examinés par un dermatologue : dire que sa peau est « plus sensible » ne signifie pas qu’elle l’est objectivement, ni qu’il s’agit du syndrome de peau sensible tel que le définissent les spécialistes. L’article qui rapporte l’étude ne précise ni les dates du terrain, ni la méthode d’échantillonnage, ni la marge d’erreur.

Il faut aussi garder à l’esprit que l’enquête a été commandée par une marque qui commercialise justement des soins pour la barrière cutanée. Cela n’invalide pas les réponses, mais invite à ne pas en tirer de conclusions trop larges. Le titre de l’article source parle de « 47 % des Européens », alors que le chiffre ne concerne que l’échantillon de cinq pays.

Reste une tendance cohérente avec ce que décrivent de nombreux dermatologues : une partie croissante du public se perçoit comme ayant une peau réactive, et cherche des réponses dans un marché saturé de produits et de conseils parfois contradictoires.

En pratique

Une peau qui réagit davantage n’appelle pas forcément plus de produits, au contraire. Les recommandations dermatologiques habituelles vont dans le sens d’une routine courte : un nettoyant doux, une crème hydratante adaptée et une protection solaire. Si les rougeurs, les démangeaisons ou les sensations de brûlure persistent, un avis médical permet de distinguer une simple sensibilité d’une affection comme l’eczéma ou la rosacée.

À retenir

  • 47 % des 6 000 adultes interrogés dans cinq pays européens jugent leur peau plus sensible qu’il y a cinq ans.
  • 90 % s’inquiètent d’au moins un facteur environnemental, mais 22 % seulement utilisent des soins pensés pour la barrière cutanée.
  • L’enquête, commandée par une marque, mesure un ressenti déclaré et non un diagnostic.
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  • EADV 2026
  • pollution

Sources

  1. 47 Percent of Adults Say Their Skin Is More Sensitive Than Five Years Ago, NewBeauty
  2. EADV 2026: Galderma's scientific presentations and activities, Galderma

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