Sommeil

Heure d'hiver 2026 : un changement précoce et ce qu'il fait à notre horloge interne

Dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, la France recule d'une heure, à la date la plus précoce possible. Une heure de sommeil en plus sur le papier, mais une horloge biologique qui doit se recaler.

Par La rédactionPublié le 4 min de lecture

Femme souriante portant un masque de sommeil rose pâle, les mains jointes contre la joue
Femme souriante portant un masque de sommeil rose pâle, les mains jointes contre la joue

Cette nuit, du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, la France métropolitaine passe à l’heure d’hiver : à 3 heures du matin, il sera 2 heures, rappelle Service-Public.fr. La règle européenne fixe la bascule au dernier dimanche d’octobre. Cette année, ce dimanche tombe le 25, la date la plus précoce que permet le calendrier.

Sur le papier, chacun gagne une heure de sommeil. Dans les faits, l’organisme ne suit pas l’horloge murale au même rythme : il lui faut quelques jours pour se recaler, et certaines personnes le vivent nettement moins bien que d’autres.

Une règle européenne restée en suspens

Le changement d’heure a été instauré en France après le choc pétrolier de 1973-1974, dans le but d’économiser l’éclairage du soir. Depuis 1998, les dates sont harmonisées dans l’Union européenne : heure d’été le dernier dimanche de mars, heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre.

En mars 2019, les eurodéputés avaient voté la fin du changement d’heure saisonnier, avec une application prévue en 2021. Le projet a été reporté, notamment à cause de la crise sanitaire, et Service-Public.fr indique qu’il n’est plus à l’ordre du jour. Les États membres ne se sont pas accordés sur l’heure à conserver toute l’année, ce qui explique que le dossier reste bloqué.

Une horloge interne qui ne fait pas exactement 24 heures

Pour comprendre la fatigue des jours qui suivent, il faut revenir à l’horloge biologique. Selon le dossier de l’Inserm consacré à la chronobiologie (la science des rythmes biologiques), l’horloge centrale, logée dans l’hypothalamus, tourne spontanément sur un cycle compris entre 23 h 30 et 24 h 30 selon les individus, soit environ 24 h 10 en moyenne chez une personne en bonne santé. Elle doit donc être remise à l’heure chaque jour par des signaux extérieurs.

Le plus puissant de ces signaux est la lumière. L’Inserm précise que l’heure d’exposition compte : la lumière reçue en fin de journée et la nuit retarde l’horloge, celle du matin l’avance. La mélatonine, hormone sécrétée le soir et dont le pic se situe vers 2 à 4 heures du matin, suit ce réglage et sert de marqueur de l’heure interne. Les repas et l’activité physique jouent aussi un rôle, plus modeste.

Le passage à l’heure d’hiver décale brutalement les horaires sociaux d’une heure par rapport à cette horloge. D’après l’Inserm, cité par E-Santé, l’adaptation prend en général d’un jour à une semaine, avec de fortes différences d’une personne à l’autre. Les enfants, les personnes âgées, les travailleurs de nuit et les personnes souffrant déjà de troubles du sommeil sont les plus exposés.

L’Inserm souligne toutefois que la transition d’automne est la moins pénalisante des deux. C’est l’heure d’été qui perturbe le plus les rythmes biologiques, et les sociétés savantes de chronobiologie recommandent de conserver l’heure d’hiver toute l’année.

La moitié des Français se disent sensibles

Le ressenti est pourtant bien réel. Dans l’enquête annuelle de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), menée par OpinionWay en décembre 2025 auprès de 1 006 personnes de 18 à 65 ans, 51 % des Français se disent sensibles aux changements d’heure, aussi bien à l’heure d’été qu’à l’heure d’hiver.

L’automne ajoute un autre facteur : la baisse de la lumière naturelle. Les journées raccourcissent et, dès ce dimanche, la nuit tombe une heure plus tôt en fin d’après-midi. E-Santé rappelle que la dépression saisonnière, des épisodes dépressifs qui reviennent chaque automne ou hiver, touche davantage les femmes et les personnes ayant des antécédents dépressifs ou bipolaires. Des symptômes qui durent au moins deux semaines ou qui perturbent la vie quotidienne justifient de consulter un médecin.

Au quotidien

Les recommandations disponibles convergent vers des gestes simples, qui découlent directement du fonctionnement de l’horloge interne. L’INSV conseille de s’exposer chaque matin à la lumière du jour, au moins une heure, puis de privilégier le soir un éclairage chaud et tamisé. Garder des horaires de lever et de repas réguliers aide aussi l’organisme à se recaler.

Le Journal du Geek rappelle enfin un point pratique : smartphones et ordinateurs connectés changent d’heure seuls, mais pas les réveils, les fours ou l’horloge de la voiture. Si la fatigue persiste au-delà d’une semaine, ou si les nuits étaient déjà difficiles avant le changement, mieux vaut en parler à un médecin.

À retenir

  • Le passage à l’heure d’hiver a lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, la date la plus précoce possible.
  • L’horloge interne met d’un jour à une semaine à s’adapter selon l’Inserm ; la lumière du matin est son principal levier.
  • La suppression du changement d’heure, votée par le Parlement européen en 2019, n’est plus à l’ordre du jour.
  • changement d'heure
  • rythme circadien
  • lumière
  • INSV

Sources

  1. Passage à l'heure d'hiver, Service-Public.fr (DILA)
  2. Chronobiologie : les 24 heures chrono de l'organisme, Inserm
  3. Heure d'hiver 2026 : pourquoi vous pouvez vous sentir plus fatigué, E-Santé
  4. 26e Journée du Sommeil : communiqué de presse, Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV)
  5. Changement d'heure : pensez à reculer votre montre d'une heure cette nuit !, Journal du Geek

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