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Sleep tech : Oura renonce à sa cotation au dernier moment, le marché s'interroge

Le fabricant de la bague connectée Oura a reporté le 29 septembre 2026 son introduction au Nasdaq, à quelques heures de la fixation du prix. Un coup d'arrêt pour un secteur du suivi du sommeil qui avait levé des montants records.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Femme endormie, la main posée sur un oreiller blanc, portant une bague connectée
Femme endormie, la main posée sur un oreiller blanc, portant une bague connectée

L’entreprise Oura, connue pour sa bague qui mesure le sommeil, la fréquence cardiaque et la température, devait faire son entrée au Nasdaq fin septembre 2026. Le 29 septembre, quelques heures avant la fixation du prix des actions, elle a annoncé le report de l’opération, en invoquant « l’incertitude du marché des introductions en bourse », rapporte le magazine économique Fortune. Aucun nouveau calendrier n’a été communiqué.

L’épisode dépasse le cas d’une entreprise : Oura était la vitrine boursière attendue de la « sleep tech », ces objets et services qui promettent de mesurer et d’améliorer le sommeil.

Une opération de plus de deux milliards de dollars

Selon Yahoo Finance, Oura avait déposé publiquement son dossier le 21 septembre. Elle prévoyait de vendre 50 millions d’actions à un prix compris entre 40 et 44 dollars, sous le symbole OURA, pour lever jusqu’à 2,2 milliards de dollars. Fortune précise qu’au haut de la fourchette, la valorisation totale aurait atteint 15,6 milliards de dollars.

Les chiffres présentés dans le dossier montrent une croissance rapide. Sur les neuf mois clos le 30 juin, le chiffre d’affaires atteignait 1,2 milliard de dollars, contre 697 millions un an plus tôt, et 4,1 millions de bagues avaient été vendues, contre 1,8 million sur la même période de l’exercice précédent. Oura revendiquait 5 millions d’abonnés payants en juin 2026, pour un abonnement de 5,99 dollars par mois. Yahoo Finance relève que 72 % de ces membres sont des femmes.

Les doutes des analystes

Pour plusieurs experts interrogés par Fortune, l’explication officielle ne suffit pas. Gil Luria, responsable de la recherche technologique chez D.A. Davidson, observe que le marché était plutôt stable au moment du report. Kat Liu, vice-présidente du gestionnaire d’indices IPOX, pointe la structure de l’opération : 73 % des actions offertes devaient être cédées par des actionnaires existants, et seulement 27 % émises par Oura. Un signal, selon elle, que l’opération servait davantage à permettre à des investisseurs de sortir qu’à financer la croissance.

Jay Ritter, spécialiste des introductions en bourse à l’université de Floride, s’interroge sur la taille réelle du marché des bagues connectées. Et la concurrence est dense : la montre d’Apple suit déjà le sommeil et le rythme cardiaque, tout comme les produits de Google, Garmin, Fitbit ou Whoop. Gil Luria estime qu’il suffirait qu’Apple décide de lancer une bague pour fragiliser fortement le modèle d’Oura. Le directeur général d’Oura, Tom Hale, a répondu que l’entreprise avait « le luxe de choisir son moment ».

Un secteur qui a levé gros en 2026

Le report intervient après une année faste pour les financements. Le 31 mars 2026, l’américain Whoop, qui commercialise un bracelet de suivi de la récupération et du sommeil, a annoncé une levée de 575 millions de dollars valorisant l’entreprise à 10,1 milliards de dollars, selon Built In Boston. Whoop revendique 2,5 millions de membres et prévoit plus de 600 recrutements.

Quelques semaines plus tôt, le 4 mars, Eight Sleep, qui vend des housses de matelas connectées réglant la température du lit, levait 50 millions de dollars sur la base d’une valorisation de 1,5 milliard, rapporte TechCrunch. L’entreprise dit vouloir obtenir l’autorisation de l’agence américaine du médicament (FDA) pour des produits capables de détecter les apnées du sommeil, et développer un assistant d’intelligence artificielle qui ajusterait seul la température et la fermeté du lit.

Ces trajectoires montrent la même ambition : passer de l’objet de bien-être au dispositif de santé, plus valorisé mais aussi plus réglementé.

Et côté utilisateurs ?

Pour les personnes qui portent ces objets, le report d’une introduction en bourse ne change rien au quotidien. Il rappelle en revanche que ce marché reste jeune, porté par des promesses de croissance que les investisseurs examinent de près.

Il faut aussi garder en tête ce que mesurent ces appareils : des estimations du sommeil à partir du mouvement, du pouls ou de la température, utiles pour suivre des tendances, mais qui ne remplacent pas un examen médical. Le diagnostic d’un trouble comme l’apnée du sommeil relève d’un médecin et d’examens dédiés. En cas de fatigue persistante, de ronflements importants ou de somnolence dans la journée, c’est vers un médecin qu’il faut se tourner, pas vers un score affiché sur un téléphone.

À retenir

  • Oura a reporté le 29 septembre 2026 son introduction au Nasdaq, qui visait jusqu’à 2,2 milliards de dollars.
  • Des analystes y voient des doutes sur la valorisation et la menace d’Apple, plus qu’un marché défavorable.
  • Whoop (10,1 milliards de dollars) et Eight Sleep (1,5 milliard) ont levé des fonds importants en 2026 en visant le terrain médical.
  • sleep tech
  • objets connectés
  • Oura
  • marché

Sources

  1. Why Oura really pulled its IPO: Wall Street experts suspect valuation concerns, an insider cash-out, and an Apple-size threat, Fortune
  2. Oura publicly files for initial public offering, looks to raise $2.2 billion, Yahoo Finance
  3. WHOOP Secures $575M Series G at $10.1B Valuation, Built In Boston
  4. Eight Sleep raises $50M at $1.5B valuation, TechCrunch

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