Sommeil

Sommeil : les Français dorment 6 h 50 en semaine, 14 minutes de moins qu'en 2025

L'enquête annuelle de l'Institut national du sommeil et de la vigilance, publiée avant la 26e Journée du sommeil, montre des nuits plus courtes et pointe le rôle du bruit, de la chaleur, des écrans et du manque de lumière du jour.

Par La rédactionPublié le 4 min de lecture

Femme d'âge mûr allongée sur un oreiller beige, le regard las, dans une chambre aux rideaux clairs
Femme d'âge mûr allongée sur un oreiller beige, le regard las, dans une chambre aux rideaux clairs

Le 10 mars 2026, l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) a publié les résultats de son enquête annuelle, à trois jours de la 26e Journée du sommeil, organisée le vendredi 13 mars. Le constat principal tient en un chiffre : les Français dorment en moyenne 6 h 50 par nuit en semaine, soit 14 minutes de moins que lors de l’enquête précédente.

L’étude a été réalisée par OpinionWay pour l’INSV et la Fondation VINCI Autoroutes, du 4 au 16 décembre 2025, auprès de 1 006 personnes de 18 à 65 ans représentatives de la population française.

Le sommeil reconnu comme pilier de santé, mais des nuits fragiles

Premier enseignement, plutôt encourageant : 42 % des personnes interrogées citent « bien dormir » comme le premier pilier de la santé, devant « bien manger » (38 %) et « bien bouger » (20 %). La docteure Isabelle Poirot, psychiatre spécialiste des troubles du sommeil au CHU de Lille et présidente de l’INSV, y voit « une prise de conscience du rôle du sommeil ».

Cette reconnaissance contraste avec l’état des nuits. Selon l’enquête, 38 % des Français sont concernés par des troubles du sommeil, l’insomnie restant le plus fréquent. Un quart des répondants dort moins de 6 heures par nuit et près d’une personne sur deux se réveille fatiguée. La dette accumulée en semaine n’est que partiellement rattrapée les jours de repos, d’autant que 83 % des Français se lèvent toujours ou souvent à la même heure.

Ces chiffres déclaratifs ne se comparent pas directement avec ceux de Santé publique France, qui mesure le temps de sommeil sur 24 heures, siestes comprises, chez les 18-79 ans. Son dernier Baromètre l’estimait à 7 h 32 et classait 21,5 % des adultes parmi les « courts dormeurs », à 6 heures ou moins. Les deux sources convergent toutefois sur l’existence d’une part importante de nuits trop courtes.

La lumière, le bruit et la chaleur en accusation

L’INSV a choisi cette année de mettre l’accent sur l’environnement de vie. La lumière naturelle est le principal synchroniseur de l’horloge biologique, c’est-à-dire le signal qui la remet à l’heure chaque jour. Or 71 % des Français passent moins d’une heure par jour à l’extérieur en semaine.

À l’inverse, la lumière artificielle s’invite la nuit : 58 % dorment avec leur smartphone allumé dans leur chambre et près d’un tiers s’endort avec un appareil électronique en fonctionnement. Le docteur Claude Gronfier, directeur de recherche à l’Inserm et secrétaire général de l’INSV, résume l’enjeu : « Nos rythmes circadiens individuels sont fortement influencés par nos rythmes sociétaux et nos environnements. »

Le bruit gêne 36 % des répondants la nuit, avec en moyenne 1,8 réveil nocturne. Il provient surtout de l’extérieur du logement et du voisinage. Quant à la chaleur, 81 % déclarent que les derniers épisodes de fortes chaleurs ont perturbé leur sommeil. Enfin, 51 % se disent sensibles aux changements d’heure.

Somnolence au volant et maladies chroniques

Les conséquences se mesurent jusque sur la route : 25 % des personnes interrogées rapportent au moins un épisode de somnolence au volant au cours de l’année écoulée, une proportion qui grimpe à 43 % chez les travailleurs de nuit ou en horaires décalés. Près d’un actif sur cinq travaille aujourd’hui de nuit ou en horaires décalés, rappelle l’INSV.

L’enquête souligne aussi le poids des maladies chroniques, déclarées par 41 % des répondants, qui augmentent le risque de troubles du sommeil : c’est le cas pour 74 % des patients souffrant d’affections dermatologiques et 64 % de ceux qui ont des troubles psychiques. Le professeur Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, président du conseil scientifique de l’INSV, rappelle que le sommeil est « à la fois un symptôme et un facteur aggravant des problèmes de santé ».

Au quotidien

L’INSV accompagne son enquête de cinq gestes individuels : s’exposer chaque matin à la lumière du jour, au moins une heure ; privilégier le soir un éclairage chaud et tamisé ; couper les notifications et éloigner le smartphone la nuit ; garder une chambre entre 18 et 20 °C ; limiter les sources de bruit. L’institut appelle aussi à des leviers collectifs, comme l’adaptation des horaires scolaires des adolescents ou une meilleure isolation phonique et thermique des logements.

Ces conseils ne remplacent pas une consultation : une insomnie qui s’installe, une somnolence dans la journée ou des endormissements au volant justifient d’en parler à son médecin, qui peut orienter vers un centre du sommeil.

À retenir

  • Les Français dorment 6 h 50 en semaine selon l’INSV, 14 minutes de moins que l’an dernier, et un quart moins de 6 heures.
  • 71 % passent moins d’une heure dehors en semaine, 58 % dorment avec leur smartphone allumé dans la chambre.
  • Un quart des répondants a connu au moins un épisode de somnolence au volant dans l’année.
  • INSV
  • enquête
  • dette de sommeil
  • environnement

Sources

  1. 26e Journée du Sommeil : communiqué de presse, Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV)
  2. Sommeil : temps moyen sur 24 heures et plainte d'insomnie, Baromètre de Santé publique France, Santé publique France

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