L'Oréal accélère au troisième trimestre 2026 : 11,56 milliards d'euros de ventes
Le numéro un mondial de la beauté publie une croissance de 7,2 % à données comparables entre juillet et septembre. Dermatologie, produits professionnels et zone SAPMENA tirent le groupe, l'Amérique latine marque le pas.

L’Oréal a publié le 22 octobre 2026 un chiffre d’affaires de 11,56 milliards d’euros pour le troisième trimestre, soit une hausse de 7,2 % à données comparables et de 11,9 % en données publiées. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe atteint 35,34 milliards d’euros, en progression de 6,9 % à données comparables. Son directeur général, Nicolas Hieronimus, qualifie la période de « troisième trimestre exceptionnel ».
Le chiffre mérite d’être lu avec ses nuances. L’écart entre la croissance publiée et la croissance comparable vient pour l’essentiel des acquisitions : sur neuf mois, l’effet de périmètre ajoute 2 points, tandis que les variations de change en retirent 1,2. Le communiqué ne donne aucun chiffre isolé pour les marques issues de Kering Beauté et se contente d’indiquer, à propos de l’Amérique du Nord, que les marques récemment intégrées, « notamment Creed », réalisent une belle performance.
Quatre divisions, deux vitesses
Le trimestre fait apparaître un groupe à deux régimes. Les deux divisions les plus dynamiques sont celles qui touchent au conseil d’un professionnel :
- Beauté dermatologique : 1,87 milliard d’euros, +12,2 % à données comparables ;
- Produits professionnels (vendus en salons de coiffure) : 1,47 milliard d’euros, +12,1 %.
Le Luxe, première division en valeur avec 4,18 milliards d’euros sur le trimestre, progresse de 6,4 %. Les Produits grand public, vendus en grande distribution, restent la plus grosse activité sur neuf mois (12,69 milliards d’euros) mais affichent la croissance la plus modeste, +4,3 % au troisième trimestre.
Sur neuf mois, l’écart est du même ordre : +11,6 % pour la beauté dermatologique, +12,4 % pour les produits professionnels, contre +5,7 % pour le Luxe et +4,2 % pour le grand public. La dermocosmétique, c’est-à-dire les soins conçus avec des dermatologues et souvent vendus en pharmacie, confirme ainsi son statut de moteur du groupe.
La carte du monde se redessine
Par zones, le tableau est plus contrasté qu’il n’y paraît :
- Europe : 4,04 milliards d’euros, +9,9 % à données comparables, une performance remarquable pour un marché souvent jugé mature ;
- SAPMENA-SSA (Asie du Sud, Pacifique, Moyen-Orient, Afrique du Nord et subsaharienne) : +19,2 %, la zone la plus dynamique, même si elle ne pèse que 1,22 milliard d’euros ;
- Asie du Nord, qui inclut la Chine : +7,8 %, un rebond après plusieurs trimestres difficiles ;
- Amérique du Nord : +2,2 % seulement à données comparables, un net ralentissement ;
- Amérique latine : -1 %, seule zone en recul sur le trimestre.
Le ralentissement nord-américain tranche avec les 6,3 % de croissance comparable affichés sur neuf mois dans cette région. Le groupe ne détaille pas, dans son communiqué, les causes de cet essoufflement trimestriel, ce qui invite à la prudence avant d’y voir une tendance durable.
Ce que disent ces chiffres du marché
Les résultats de L’Oréal servent souvent de baromètre pour l’ensemble de la beauté, puisque le groupe est présent dans tous les circuits, de l’hypermarché à la parfumerie de luxe. Trois enseignements s’en dégagent.
D’abord, la demande ne faiblit pas en Europe, contrairement à ce que laissait craindre un contexte de consommation prudent. Ensuite, la Chine, longtemps présentée comme le maillon faible du secteur, retrouve des couleurs dans les comptes du groupe. Enfin, les catégories liées à la santé de la peau et au conseil professionnel creusent l’écart avec le maquillage et les soins de grande consommation.
Nicolas Hieronimus s’est dit « confiant » dans la capacité du groupe à réaliser « une nouvelle année de croissance ». Le communiqué ne chiffre pas d’objectif annuel précis : le verdict viendra avec la publication des comptes complets de l’exercice.
Pour le consommateur, ce type de publication ne change rien en rayon dans l’immédiat. Il éclaire en revanche les priorités des grands groupes : les budgets d’innovation et de distribution suivent les catégories qui croissent. La place croissante des soins dermatologiques en pharmacie et des marques de parfum de niche, comme Creed, devrait donc se confirmer dans les mois à venir.
À retenir
- Troisième trimestre 2026 : 11,56 milliards d’euros, +7,2 % à données comparables.
- Beauté dermatologique et produits professionnels progressent de plus de 12 %.
- Europe et SAPMENA-SSA accélèrent, l’Amérique du Nord ralentit et l’Amérique latine recule.
Sources
- Chiffre d'affaires au 30 septembre 2026, L'Oréal Finance



