Bien-être

Travail : un salarié sur deux en détresse psychologique, un record depuis 2020

Le 16e baromètre Empreinte Humaine réalisé par Ipsos BVA, publié le 2 juin 2026, mesure 50 % de salariés en détresse psychologique. La reconnaissance managériale apparaît comme l'un des facteurs les plus protecteurs.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Femme épuisée à son bureau, les doigts sur les tempes, dans un open space lumineux
Femme épuisée à son bureau, les doigts sur les tempes, dans un open space lumineux

La moitié des salariés français présentent des signes de détresse psychologique. C’est le principal résultat de la 16e édition du baromètre d’Empreinte Humaine, réalisé par Ipsos BVA et publié le 2 juin 2026. Le niveau est le plus élevé depuis le lancement de ce suivi en mars 2020, rapporte franceinfo.

L’enquête a été menée en ligne du 4 au 18 mai 2026, selon la méthode des quotas, auprès de 2 000 salariés. La détresse psychologique y désigne la présence conjointe de symptômes de dépression et d’épuisement.

Plus haut que pendant le premier confinement

Le taux de 50 % progresse de 3 points par rapport à la vague de novembre 2025. Il dépasse le niveau mesuré lors du premier confinement (44 %) et égale celui du second, fin 2020. Parmi les salariés en détresse, 16 % présentent un niveau élevé.

Le risque de burn-out, un épuisement professionnel lié à un stress chronique au travail, concerne 32 % des salariés, un chiffre stable par rapport à la vague précédente. Pour 11 % d’entre eux, ce risque est jugé sévère, soit deux fois plus qu’avant la crise sanitaire.

Le lien avec le travail est revendiqué par les intéressés : 83 % des salariés en détresse attribuent leur état à leur activité professionnelle, et 87 % chez les moins de 30 ans. Près de la moitié (45 %) craignent de ne pas tenir psychologiquement jusqu’à la retraite, et près d’un tiers envisagent de quitter leur organisation.

Les jeunes, les femmes et les employés plus exposés

Les écarts entre catégories sont marqués. Selon Économie Matin, 60 % des moins de 30 ans sont en détresse, contre 25 % des plus de 60 ans. Les femmes sont plus touchées que les hommes (55 % contre 46 %), et les employés davantage que les cadres (59 % contre 46 %). Le baromètre relève aussi un taux de 62 % chez les directeurs des ressources humaines, ceux-là mêmes qui sont en première ligne sur la prévention.

La reconnaissance, un facteur protecteur

Le baromètre explore les conditions de travail associées à la détresse. 60 % des salariés ont le sentiment d’être de simples exécutants, et une proportion proche de la moitié dit manquer de temps pour faire un travail de qualité. Plus de la moitié estiment que les crises géopolitiques et économiques servent à justifier une dégradation de leurs conditions de travail.

La reconnaissance ressort comme un levier majeur. 84 % des salariés aspirent à être reconnus par leur direction, mais seuls 49 % se sentent valorisés, et moins de 4 sur 10 reçoivent des remerciements spontanés ou un retour constructif. Or la détresse atteint 63 % chez ceux dont le manager ne reconnaît pas le travail, contre 44 % chez ceux qui se sentent reconnus.

Même constat pour la sécurité psychologique, c’est-à-dire la possibilité de s’exprimer ou de signaler une difficulté sans crainte : seuls 11 % des salariés travaillent dans un environnement où elle est réellement assurée. La détresse y tombe à 36 %, contre 56 % ailleurs, selon Économie Matin.

Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine, évoque auprès de franceinfo « une accélération des rythmes de travail » et met en cause le manque de moyens de prévention efficaces. « Cette exposition chronique est un facteur de risque pour la santé », prévient-il.

Des chiffres à lire avec précaution

Ces résultats reposent sur des questionnaires d’auto-évaluation : ils mesurent des signes de détresse et un risque, pas des diagnostics médicaux. De même, le lien entre détresse et travail repose sur le ressenti des répondants.

Au quotidien

Pour les entreprises, le baromètre désigne des leviers concrets : reconnaissance du travail, marges de manœuvre, temps suffisant pour bien faire, possibilité d’alerter. Toujours selon Économie Matin, 7 salariés sur 10 disent qu’ils travailleraient plus efficacement si leurs conditions favorisaient leur bien-être.

Pour les salariés, une fatigue qui ne passe plus avec le repos, des troubles du sommeil, une irritabilité ou un sentiment de vide qui s’installent sont des signaux à prendre au sérieux. Le médecin traitant et le médecin du travail sont les premiers interlocuteurs ; un psychologue peut aussi être consulté, avec un remboursement possible via le dispositif Mon soutien psy.

À retenir

  • 50 % des salariés présentent des signes de détresse psychologique en mai 2026, un record depuis 2020.
  • 11 % sont exposés à un risque de burn-out sévère, deux fois plus qu’avant la crise sanitaire.
  • La détresse tombe de 63 % à 44 % quand le travail est reconnu par le manager.
  • stress
  • burn-out
  • travail
  • santé mentale

Sources

  1. Santé mentale au travail : un salarié sur deux est en détresse psychologique, un niveau record depuis 2020, franceinfo
  2. Détresse psychologique : un salarié français sur deux touché, un niveau record depuis 2020, Économie Matin
  3. Consultation d'un psychologue ou d'un psychiatre : quelle prise en charge ?, Service-Public.fr (DILA)

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