McKinsey : le bien-être est prioritaire pour 84 %, mais 13 % atteignent leurs objectifs
Les premiers résultats de l'étude Future of Wellness 2026 de McKinsey, menée auprès de plus de 9 000 consommateurs, décrivent un bien-être devenu identitaire, mais un écart persistant entre intentions et résultats.

Le cabinet de conseil McKinsey a dévoilé en juin 2026 les premiers résultats de la cinquième édition de son étude annuelle Future of Wellness, consacrée aux attentes des consommateurs en matière de bien-être. Le rapport complet est annoncé pour octobre 2026. Les grandes lignes ont été présentées lors d’un webinaire animé par Jean-Guy de Gabriac, fondateur du World Wellness Weekend, et relayées par les magazines professionnels Spa Business et European Spa Magazine.
L’enquête porte sur plus de 9 000 consommateurs au Royaume-Uni, en Chine, en Allemagne et aux États-Unis, selon European Spa Magazine. La France n’en fait pas partie.
Le bien-être devient une identité
Premier chiffre : 84 % des personnes interrogées disent que le bien-être est une priorité ou un sujet important dans leur vie quotidienne, une proportion en hausse d’une année sur l’autre. Plus de la moitié disent y accorder davantage d’importance qu’un an plus tôt.
Pour Eric Falardeau, associé chez McKinsey, le bien-être est passé du statut de bonne habitude à celui de marqueur d’identité. Alex Sanford, experte des études consommateurs qui pilote l’étude depuis 2020, abonde : le bien-être devient, selon elle, une part croissante de l’identité des gens.
Les consommateurs le définissent à travers six dimensions : le sommeil, l’apparence, la santé, la pleine conscience, la forme physique et la nutrition.
Un écart frappant entre priorité et résultats
Le chiffre le plus parlant est ailleurs : seuls 13 % des répondants disent atteindre leurs objectifs de bien-être, une proportion restée stable d’une année sur l’autre selon Spa Business. L’écart est encore plus marqué chez les ménages modestes et hors des grandes villes, d’après European Spa Magazine.
McKinsey découpe les consommateurs en cinq profils. Le bien-être est une priorité pour 88 % des « enthousiastes confiants », 79 % des « optimiseurs maximalistes » et 72 % des « traditionalistes de la santé », mais seulement pour 13 % de ceux qui « luttent avec leur santé ». Un cinquième groupe, qualifié de réfractaire, se tient à distance.
Sept relais de croissance identifiés
L’étude identifie sept terrains de croissance pour l’industrie :
- la longévité, avec des programmes personnalisés fondés sur des diagnostics ;
- la nutrition fonctionnelle, du collagène aux adaptogènes (plantes réputées aider l’organisme à gérer le stress) et aux boissons pour la santé intestinale ;
- les traitements GLP-1, ces médicaments de la perte de poids, et la demande de produits qui les accompagnent ;
- l’apparence, en particulier les outils non invasifs chez les plus jeunes ;
- la pleine conscience et la récupération après le stress ;
- les objets connectés et la personnalisation, qui permettent des protocoles aux résultats mesurables ;
- le bien-être social et les expériences en présentiel, comme le sauna ou les bains froids pratiqués en routine.
Un manque ressort nettement : la santé cognitive. Tous les profils de consommateurs se disent très attentifs à leurs fonctions cérébrales, mais peinent à identifier des produits ou services pour les entretenir. Alex Sanford y voit une opportunité claire pour les acteurs du spa et du bien-être.
Un marché mondial de 6 800 milliards de dollars
Ces tendances s’inscrivent dans un marché considérable. Selon le Global Wellness Institute, organisation de recherche spécialisée, l’économie mondiale du bien-être a atteint le niveau record de 6 800 milliards de dollars en 2024, après une croissance de 7,9 % sur un an. Elle a doublé depuis 2013 et pourrait approcher 9 800 milliards de dollars en 2029. Le bien-être mental fait partie des segments les plus dynamiques, avec 12,4 % de croissance annuelle moyenne entre 2019 et 2024.
Au quotidien
L’étude décrit surtout une offre abondante face à des consommateurs qui peinent à atteindre leurs objectifs. Pour le lecteur, la principale leçon est peut-être là : multiplier les produits ne garantit pas les résultats. Les fondamentaux, comme le sommeil, l’activité physique et une alimentation équilibrée, figurent parmi les six dimensions citées par les consommateurs eux-mêmes. Pour des besoins précis, notamment le poids, la mémoire ou le stress, un avis médical reste plus utile qu’un achat d’impulsion.
À retenir
- 84 % des consommateurs interrogés par McKinsey placent le bien-être parmi leurs priorités, mais 13 % seulement atteignent leurs objectifs.
- Longévité, nutrition fonctionnelle, GLP-1 et objets connectés figurent parmi les sept relais de croissance cités.
- Le marché mondial du bien-être a atteint 6 800 milliards de dollars en 2024 selon le Global Wellness Institute.
Sources
- First look at McKinsey's Future of Wellness Report, European Spa Magazine
- McKinsey: 84 per cent of consumers say wellness is a top priority, Spa Business
- 2025 Global Wellness Economy Monitor, Global Wellness Institute



