Bien-être

Compléments alimentaires : 2 milliards d'euros de ventes, tirées par le collagène

Selon IQVIA, les ventes de compléments alimentaires en pharmacie, parapharmacie et en ligne ont progressé de 4,7 % en France en 2025. Une croissance tirée par les nouveautés, alors que les contrôles relèvent encore de nombreuses anomalies.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Femme assise à une table, lisant l'étiquette d'un flacon, devant plusieurs flacons et une tasse
Femme assise à une table, lisant l'étiquette d'un flacon, devant plusieurs flacons et une tasse

Le marché français des compléments alimentaires a atteint 2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 4,7 %, selon les données de ventes de la société d’études IQVIA présentées à l’assemblée générale de Synadiet, le syndicat professionnel du secteur. IQVIA a détaillé ces chiffres le 20 avril 2026. Ils couvrent la pharmacie, la parapharmacie, la vente en ligne de ces circuits et Amazon : les autres canaux de distribution n’entrent pas dans ce périmètre.

Une croissance portée par les nouveautés

Le marché a gagné 89 millions d’euros en un an. Mais cette progression masque une réalité moins favorable pour les produits installés : à gamme constante, les volumes ont reculé, pour un effet négatif de 35 millions d’euros. Ce sont les lancements et les reformulations qui ont tiré la croissance, avec un apport de 96 millions d’euros. IQVIA qualifie le renouvellement des gammes de « premier levier de croissance ».

Certaines catégories se distinguent nettement. Le collagène progresse de 22 %, les produits pour la mémoire et la concentration de 17 %, la santé de la femme et les articulations de 8,6 % chacune. Les comprimés orodispersibles, qui fondent dans la bouche, bondissent de 43 %. À l’inverse, les gummies vendus en pharmacie reculent de 5 % et la minceur de 6,7 %.

Le web gagne du terrain

Les ventes en ligne ne représentent encore que 8,3 % du total, mais elles ont assuré 28 % de la croissance en 2025, contre 13 % un an plus tôt. Amazon progresse de 19 %. Dans plusieurs catégories, comme la beauté, la minceur ou l’ophtalmologie, le numérique représente même la totalité de la croissance nette, les circuits physiques stagnant ou reculant. IQVIA souligne toutefois que la pharmacie demeure « le canal dominant et le plus crédible ».

À l’échelle européenne, le marché suivi par IQVIA dans 26 pays a atteint 19,9 milliards d’euros en 2025, en hausse de 5,9 %. La France se classe troisième, derrière l’Italie et l’Allemagne ; les trois pays pèsent ensemble 54 % des ventes.

Des contrôles qui relèvent encore des anomalies

Cette dynamique commerciale s’accompagne de questions de conformité. Fin 2025, la DGCCRF, l’administration chargée de la protection des consommateurs, a publié les résultats d’une enquête menée en 2023 auprès de 270 établissements, du fabricant au distributeur. Environ un tiers présentaient des anomalies, rapporte l’Ordre national des pharmaciens.

Les manquements relevés vont des allégations thérapeutiques interdites, qui prêtent au produit le pouvoir de prévenir ou de guérir une maladie, aux mentions obligatoires absentes. Sur 20 produits à base de levure de riz rouge contrôlés, 17 n’étaient pas conformes ; l’un contenait 8 mg de monacoline K, au-delà de la limite de 3 mg par jour, et a été retiré.

Les produits destinés aux enfants n’ont pas été épargnés. Sur 45 échantillons analysés en laboratoire, 27 étaient non conformes, dans 90 % des cas pour des écarts de teneur en vitamines ou en minéraux. Les vitamines étaient trop peu dosées dans 41 % des analyses et trop dosées dans 27 %. Pour la vitamine D, le taux de non-conformité dépassait 23 % sur 34 prélèvements, sans dépassement de la limite de sécurité. Les contrôles ont donné lieu à 71 injonctions, 25 procès-verbaux pénaux, 5 procès-verbaux administratifs et 67 avertissements, et la DGCCRF juge indispensable de reconduire l’enquête.

Au quotidien

Un complément alimentaire n’est pas un médicament : il n’a pas le droit de revendiquer de prévenir, de traiter ou de guérir une maladie. Ces chiffres invitent à la vigilance, surtout pour les produits achetés en ligne ou destinés aux enfants : lire l’étiquette, se méfier des promesses de guérison et vérifier les doses.

Avant de commencer une cure, en particulier en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours, le plus sûr reste de demander conseil à un médecin ou à un pharmacien, qui pourra aussi repérer d’éventuelles interactions.

À retenir

  • Le marché des compléments en pharmacie, parapharmacie et en ligne a atteint 2 milliards d’euros en 2025 (+4,7 %), selon IQVIA.
  • Le collagène (+22 %) et la mémoire (+17 %) progressent ; les gummies en pharmacie et la minceur reculent.
  • Une enquête de la DGCCRF a relevé des anomalies dans environ un tiers des 270 établissements contrôlés.
  • compléments alimentaires
  • marché
  • réglementation
  • DGCCRF

Sources

  1. Compléments alimentaires en France : l'innovation et le digital redessinent le paysage concurrentiel, IQVIA
  2. Compléments alimentaires : des anomalies encore trop nombreuses, Ordre national des pharmaciens

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