PDRN et polynucléotides : une revue des essais cliniques fait le point sur les preuves
Star de la K-beauty, le PDRN, un ingrédient dérivé de l'ADN, a-t-il fait ses preuves ? Une revue systématique publiée en juillet 2026 rassemble sept essais randomisés aux résultats favorables, en particulier pour la cicatrisation, et sans effet indésirable grave.

Le PDRN est partout : dans les sérums coréens, les cabinets de médecine esthétique et les vidéos de « skin boosters ». Derrière ce sigle se cachent les polydésoxyribonucléotides, des composés hautement purifiés dérivés de l’ADN (l’un des essais analysés utilise du PDRN issu du saumon), qui appartiennent à la famille plus large des polynucléotides (PN). Une revue systématique publiée le 10 juillet 2026 dans la revue médicale en accès libre Cureus tente de répondre à une question simple : que disent vraiment les essais cliniques ?
Sept essais retenus sur 74 références
Les auteurs, une équipe de chercheurs d’universités saoudiennes, ont interrogé trois grandes bases de données médicales, PubMed, Embase et le registre Cochrane des essais contrôlés, depuis leur création jusqu’en janvier 2026. Ils n’ont retenu que des essais randomisés, le niveau de preuve le plus élevé pour évaluer l’efficacité d’un traitement, portant sur trois usages : le rajeunissement cutané, la prévention des cicatrices après chirurgie et la cicatrisation des plaies. Le protocole avait été enregistré à l’avance dans le registre international PROSPERO.
Sur 74 références identifiées, sept essais seulement remplissaient tous les critères, pour un total de 183 participants. Quatre portaient sur le rajeunissement cutané, un sur les cicatrices de thyroïdectomie et deux sur la cicatrisation (escarres et sites de prélèvement de greffe de peau). Les effectifs allaient de 10 à 42 patients analysés, et les publications s’étalent sur une vingtaine d’années, la plus ancienne datant de 2004. Les études étant trop différentes les unes des autres, les auteurs ont renoncé à une méta-analyse chiffrée et proposé une synthèse narrative.
Des résultats favorables, surtout pour la cicatrisation
Dans l’ensemble, les traitements à base de PN et de PDRN ont amélioré les paramètres liés aux rides, la qualité des cicatrices, les indicateurs de cicatrisation et la satisfaction des patients. Les bénéfices les plus constants concernent la cicatrisation, où le PDRN a accéléré la reconstitution de l’épiderme et raccourci le temps de guérison par rapport aux groupes témoins. Aucun effet indésirable grave lié au traitement n’a été rapporté.
Côté esthétique, les résultats sont plus nuancés qu’il n’y paraît. Dans un essai mené sur 29 femmes, l’ajout de polynucléotides appliqués après un microneedling par radiofréquence a amélioré plus tôt l’aspect des rides, avec une différence significative à deux mois, mais sans différence sur la profondeur maximale des rides à aucun moment du suivi. Dans un autre essai sur 24 femmes de 30 à 50 ans, le microneedling associé à du PDRN de saumon à 3 % a réduit davantage la sévérité des rides à six semaines que le microneedling associé au plasma riche en plaquettes (PRP), avec une baisse de 57 % du score de rides dans le groupe PDRN. Deux autres essais portaient surtout sur le confort, avec des techniques d’injection moins douloureuses.
Ce que la revue ne permet pas de conclure
Les auteurs eux-mêmes soulignent les limites : effectifs réduits, protocoles hétérogènes, critères d’évaluation variables. Il faut ajouter une nuance importante pour le grand public. Les quatre essais consacrés au rajeunissement évaluent des actes de médecine esthétique, injections, comblement, microneedling ou radiofréquence, qui font pénétrer le produit dans la peau. Aucun ne teste un sérum appliqué seul sur une peau saine, comme ceux qui se vendent en parfumerie. Les résultats ne peuvent donc pas être transposés directement aux cosmétiques grand public qui affichent du PDRN sur leur étiquette.
Sur le plan biologique, les auteurs rappellent que le PDRN agirait notamment en activant les récepteurs A2A de l’adénosine, ce qui favoriserait la formation de vaisseaux, modulerait l’inflammation et stimulerait les fibroblastes, les cellules qui produisent le collagène. Un mécanisme surtout décrit en laboratoire, que des essais plus larges devront confirmer en clinique.
En pratique
L’engouement pour le PDRN, ingrédient phare de la K-beauty, repose sur une base scientifique réelle et prometteuse, aujourd’hui surtout centrée sur des usages médicaux. Pour un sérum vendu en magasin, aucune de ces études ne permet de garantir un effet équivalent. Pour un acte en cabinet, l’avis d’un dermatologue ou d’un médecin esthétique, qui pourra présenter les bénéfices attendus et les données disponibles, reste indispensable.
À retenir
- Une revue systématique publiée en juillet 2026 n’a trouvé que sept essais randomisés sur le PDRN et les polynucléotides, totalisant 183 participants.
- Les résultats sont favorables, en particulier pour la cicatrisation, sans effet indésirable grave rapporté.
- Aucun essai de rajeunissement ne teste un sérum appliqué seul : les preuves concernent des actes de médecine esthétique.



