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PFAS : depuis le 10 octobre, les cosmétiques européens doivent être quasi exempts de PFHxA

La période de transition accordée par le règlement européen 2024/2462 a pris fin : les cosmétiques mis sur le marché doivent désormais respecter des seuils très bas pour ce « polluant éternel ». Une étape avant une restriction bien plus large de tous les PFAS.

Par La rédactionPublié le 3 min de lecture

Une texture de crème blanche et onctueuse étalée en vague sur un fond blanc
Une texture de crème blanche et onctueuse étalée en vague sur un fond blanc

C’est l’une de ces échéances réglementaires dont on parle peu mais qui obligent toute une industrie à revoir ses formules. Depuis le 10 octobre 2026, les cosmétiques mis sur le marché européen ne doivent plus contenir d’acide perfluorohexanoïque (PFHxA) et de substances apparentées au-delà de seuils extrêmement bas. Cette restriction, adoptée par la Commission européenne en septembre 2024, laissait aux fabricants deux ans pour s’adapter. Ce délai est écoulé, comme l’a rappelé le site spécialisé Personal Care Insights à la veille de l’échéance.

Des seuils exprimés en milliardièmes

Le PFHxA appartient à la famille des PFAS, les substances per- et polyfluoroalkylées, surnommées « polluants éternels » parce qu’elles se dégradent très difficilement dans l’environnement. Le règlement (UE) 2024/2462 a ajouté une entrée à l’annexe XVII du règlement REACH, qui liste les restrictions applicables aux substances chimiques en Europe.

Concrètement, un cosmétique ne peut plus être mis sur le marché s’il contient 25 ppb (parties par milliard) ou plus de PFHxA et de ses sels, additionnés, ou 1 000 ppb ou plus de substances apparentées au PFHxA, additionnées elles aussi. Ces seuils s’appliquent à la formule elle-même, et non au poids total du produit emballage compris.

Les produits mis sur le marché européen avant le 10 octobre peuvent continuer à être vendus. En revanche, ceux qui se trouvent encore chez le fabricant, ou qui n’ont pas encore été importés, doivent respecter les nouvelles limites.

Un contaminant plus qu’un ingrédient

Le PFHxA n’est pas un ingrédient que l’on ajoute volontairement à une crème. Il apparaît comme impureté ou comme produit de dégradation d’autres PFAS, ceux-là intentionnellement incorporés aux formules pour leurs propriétés techniques. Les substances apparentées se repèrent souvent dans les listes d’ingrédients grâce au terme « perfluorohexyl » dans leur nom.

C’est ce qui rend l’exercice délicat pour les formulateurs : respecter le seuil suppose de contrôler non seulement leurs propres ingrédients, mais aussi la pureté des matières premières fournies par leurs fournisseurs.

La Commission justifie la mesure par le caractère « très persistant et mobile dans l’eau » du PFHxA, qui présente selon elle un « risque inacceptable » pour la santé humaine et l’environnement. Le comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) avait par ailleurs estimé qu’« il est probable que le PFHxA soit absorbé par la peau », ce qui fait des cosmétiques une source d’exposition supplémentaire possible.

Une étape dans un mouvement plus large

Cette restriction ciblée n’est qu’un avant-goût. Une restriction européenne visant l’ensemble des PFAS est en cours d’examen. Selon Personal Care Insights, les comités scientifiques de l’ECHA ont soutenu en mars 2026 une restriction à l’échelle de l’Union, assortie de dérogations lorsque aucune alternative n’existe. Le projet d’avis du comité d’analyse socio-économique (SEAC) ne juge justifiée aucune exemption pour les cosmétiques, et son avis final est attendu d’ici la fin de 2026.

Plusieurs pays n’ont pas attendu. La France interdit les PFAS dans les cosmétiques depuis le 1er janvier 2026, deuxième pays européen à adopter une réglementation nationale complète après le Danemark. Aux États-Unis, environ quatorze États ont interdit les PFAS ajoutés intentionnellement dans les cosmétiques. Fin 2025, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a indiqué ne pas pouvoir se prononcer sur leur sécurité dans ces produits faute de données. « Nos scientifiques ont constaté que les données toxicologiques pour la plupart des PFAS sont incomplètes ou indisponibles », déclarait alors son commissaire, Marty Makary.

En pratique

En France, une interdiction nationale des PFAS dans les cosmétiques s’applique déjà depuis janvier. L’échéance européenne fixe, pour le PFHxA, un niveau d’exigence commun à toute l’Union, y compris pour les impuretés que le consommateur ne peut pas voir sur l’étiquette. La règle vise la mise sur le marché : les produits déjà mis en vente avant le 10 octobre peuvent être écoulés. Pour les substances apparentées ajoutées volontairement, la mention « perfluorohexyl » dans la liste des ingrédients reste l’indice le plus simple à repérer.

À retenir

  • Depuis le 10 octobre 2026, un cosmétique mis sur le marché européen doit contenir moins de 25 ppb de PFHxA et moins de 1 000 ppb de substances apparentées.
  • Le PFHxA n’est pas ajouté volontairement : il provient d’impuretés ou de la dégradation d’autres PFAS.
  • Une restriction de l’ensemble des PFAS est en préparation, et le comité socio-économique de l’ECHA n’envisage pas d’exemption pour les cosmétiques.
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  • formulation

Sources

  1. EU cosmetics face PFHxA limits as REACH transition ends, Personal Care Insights

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